FAA.

Horizontalité.

La faa. est née parce que nous sentons bien que les conditions nécessaires à notre métier sont de moins en moins centrales dans la gestion des théâtres. D’autres préoccupations priment : remplissage de salles de plus en plus grandes, chasse à la “nouveauté”, performances techniques et technologiques des plateaux, sécurité, confort, permanence...
La faa. est pensée par les faiseurs de la scène pour les faiseurs de la scène. On y vient pour travailler les fondamentaux. Le jeu, les outils, la recherche. On y rencontre d’autres artistes et on s’y confronte, dans des modalités favorables, réciproques, dans le but de faire avancer le travail. On expose ce travail, si le moment est venu, devant un public de voisins, loin de l’entre-soi, et on discute avec lui de ce qu’il a vu, de ce qu’on a fait. 

 

collaboration.

Qu’on crée, qu’on transmette ou que l’on cherche, à la faa. la collaboration est reine. Cela paraît simple, ça ne l’est pas. Comment une actrice et un danseur enseignent ensemble, comment trois éthologues et deux théâtrantes s’y prennent pour monter un protocole de recherche, comment un photographe dirige puis est dirigé par des acteurs… c’est à chaque fois une aventure. Parfois sauvage, parce que personne jamais ne nous la demande dans un milieu où l’individualisme de l’époque est multiplié par l’individualisme induit de nos métiers. Et pourtant, même quand ce n’est pas facile, c’est là qu’on précise notre chemin, c’est là qu’on sort de ce qu’on sait faire et qu’on se nourrit pour longtemps, c’est là, souvent, que la joie nous traverse.  C’est ainsi, comme des collaborations, que naissent aussi les commandes de la faa. : des protocoles (des jeux si l’on préfère) concoctés par des artistes et proposés à d’autres. Une commande bien faite étant un processus, sa beauté réside dans la diversité des résultats.

 

partager.

Tout ce que l’on fait à la faa. est mis en partage. ça ne veut pas seulement dire sans copyright, gratuitement et en open source. Ça veut dire que nous nous creusons la cervelle et le reste pour que cela vous parle. Pour qu’un outil de jeu, extrait d’un laboratoire ou d’un atelier, puisse être immédiatement utilisé par une actrice (ou un autre praticien de la scène) qui n’a pas participé au laboratoire, au stage. Plus même : qu’en lisant elle se dise j’ai envie d’essayer, qu’elle se lève et qu’elle essaye. C’est notre ambition, et nous ne sommes pas au bout du chemin.

 

parités.

Horizontalité c’est aussi batailler pour un certain nombre de parités pas encore tout à fait acquises. Il y en a des rares : par exemple, lorsque nous travaillons en transdisciplinarité avec des scientifiques, affirmer la légitimité du mot savoir en ce qui concerne notre… savoir. Il y en a des triviales. La faa., comme beaucoup de lieux d’expérimentation où la prise de risque personnelle est grande, est gérée et fréquentée majoritairement par des femmes. C’est pourquoi nous écrivons volontiers au féminin inclusif, qui nous écorche moins les yeux et les oreilles que les -teur.ice.