FAA.

Autonomie.

acteurs autonomes.

Nous défendons une autonomie quotidienne, de métier, une autonomie de fond.
Cette autonomie passe par la connaissance de nos savoir-faire (appelons les outils),
par la valorisation de ces derniers,
par notre capacité à les entraîner (seul et en groupe,
que nous soyons en train de travailler sur un spectacle ou non),
par notre faculté à les partager à nos pairs et à apprendre de ces derniers.
Elle passe par notre intelligence à traduire dans notre langue les apports des autres disciplines en les pratiquant « en acteurs »,
par notre agilité à utiliser ce répertoire d'outils au service de nos formes esthétiques
,
comme au service des esthétiques plurielles de celles et ceux qui nous engagent.
Une actrice, un acteur autonome est alors pour nous celle qui
« [tient] l'oeil fixé sur la voie du sommet, mais n'oublie pas de regarder à [ses] pieds ».
Celle qui, en gardant à la bonne place désir de succès, ego, réception de la critique, est à même d'exprimer son potentiel au meilleur de ses possibilités.

 

aventures. 

Depuis 2014, pour (re)devenir autonomes dans la pratique de notre art, nous avons traversé plusieurs aventures. 

les outils.
Nous appelons outils les savoir-faire que nous avons volés aux autres disciplines, traduits pour la scène, formalisés pour les rendre transmissibles à tous. Ce sont de petites unités qui peuvent nous aider à construire une scène, à garder au travail une partition dans laquelle l'ennui guette, à nous entraîner.
Ce n'est pas une énième méthode.
C'est un répertoire non-exhaustif d'outils ayant fait preuve de leur efficacité chez des actrices et acteurs d'expérience différente.
Sans cesse augmenté, éventuellement corrigé, il est mis à disposition de tous, librement.
Nous pensons que plus nous sommes à même d'aiguiser nos outils, plus nous sommes capables d'assurer la continuité de notre travail quelque soient nos actualités, plus nous sommes autonomes et capables de propositions.

 

les trainings à distance. 
On sait bien qu'il est difficile de s'entraîner, d'autant plus hors répétitions, lorsque nous nous retrouvons seul, sans équipe. En jouant des possibilités offertes par un basique programme de répartition des tâches, nous nous sommes essayés à l’entraînement à distance, ensemble, en même temps. A tour de rôle, une actrice du groupe propose le programme du jour composé de pratiques communes. La session ne doit pas excéder l’heure. Nous nous réunissons 2-3 fois par semaine. A la fin de la pratique, chacun écrit en commentaire quelques notes sur ce qu’il a récolté ce jour-là : les stratégies utilisées, les réussites, les difficultés rencontrées. Ce partage inédit est une mine d’or : le fait de formuler des informations que l’on garde habituellement pour nous rend l'entraînement plus efficace et durable, et nous permet de sortir de notre zone de confort en essayant les stratégies des autres. 

 

les trainings ouverts.
Chaque semaine, pendant une heure, la faa. invite les faiseurs de la scène de la scène de toute discipline à venir pratiquer. C’est gratuit, régulier. Les pratiques sont variées, les artistes de la faa. en charge des sessions multiples. Fréquentation moyenne : 2 personnes. Pourquoi ? Parce que la gratuité fait croire à un manque de qualité ? Parce que personne ne veut s’entraîner ? Parce que ce n’est pas le bon jour, pas la bonne heure ? Et vous, vous avez une idée ?

le cahier d’autonotation
Savoir quelles sont nos compétences. Connaître notre niveau. Pouvoir être conscient de sa progression quel que soit l’avis du public ou du metteur en scène. Ça fait envie, non ? Allez donc faire un tour du côté des outils…

 

plus jamais ça.

Un jour, une actrice m'a dit : « Je ne suis plus actrice. Je ne travaille plus, personne ne m'appelle ».

Un boulanger au chômage cesse-t-il de se sentir boulanger ? Une électricienne ? Un plombier ? Une céramiste ?

Je ne sais pas. Je dirais non. Alors pourquoi cette sensation de ne plus se sentir acteur dès lors que nous sommes détachés d'une production ou sans la perspective d'une à venir ?
Peut-être parce que nous sommes dépendants des lieux, des plateaux. Où travailler, où s'exercer, où pratiquer lorsque je ne suis pas en répétition ?
Peut-être parce que je ne sais pas quoi faire pour continuer à travailler en dehors des temps de répétition. Je prends un cours de danse par ci, fais un peu de yoga par là. Je lis, je vais au cinéma, je bois un verre, j’observe la vie...
Peut-être parce que mon art est collectif. Soit. Mais celui du musicien, du danseur, du circassien l'est également. Et que dire du sport ? Pourtant, tous ceux là s'entraînent. Et aussi en solo. Souvent d'ailleurs, pour être prêt à retrouver les autres.

Peut-être parce que je ne sais pas vraiment ce que c'est « une actrice ». Alors ne plus le recevoir comme titre honorifique grâce à l'autre (metteur en scène, partenaire, public, presse) fait que je ne sais plus ce que je fais, et dans les pires cas, qui je suis.