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Atelier #0 danse><théâtre

Qu'est-ce que c'est ?

Cette pratique inspiré par le travail du kinesiologue Hubert Godard a été élaborée et transmise à la faa. par Loïc Touzé. Lorsque nous l’avons pratiquée pendant l’Atelier #0 (date, titre, …), Durée total, et durée des étapes…

Les durées sont inscrites à titre indicatif. Pour une première pratique, il est conseillé de ne pas aller en-dessous de la durée recommandée. Par la suite, l'entraînement peut être plus court ou plus long selon les nécessités et les possibilités de chacun de reconvoquer les sensations fines.

Cet entraînement se pratique mieux dans un espace moyen ou grand, de préférence en groupe, mais il peut tout à fait se pratiquer seul, et il est vivement conseillé d'être pieds nus. Vous pouvez lire les étapes mais aussi écouter Loïc Touzé diriger l'entraînement (le texte vous sert alors seulement d'aide-mémoire).

 

niveau 1
touchant, touché (fonction haptique)

marcher en A.
À chaque fois que je fais un pas je touche le sol.
À chacun de mes pas, ce que je fais ce n’est pas que j’avance, ce n’est pas que je me déplace, c’est que je touche le sol, et je me le dis. Je touche le sol, c’est à dire : je donne au sol des informations sur mon poids, sur ma personne. J’impressionne le sol avec mes pas. Je le fais avec attention plutôt qu’avec un effort de concentration.

Je m'arrête.  RESET

Reprenez la marche en A. Touchez à nouveau le sol à chaque pas. Qu’observez-vous de la modification de la qualité de votre marche quand vous êtes en A ? 


marcher en B
.
Je reprends la marche, mais cette fois j’inverse mon rapport au sol, et je considère que le sol me touche. Je suis touché par le sol. Le sol me touche, il me donne une information de sa nature, de sa texture, de sa profondeur, de sa structure, de sa qualité… Je suis impressionné par le sol.

Je m'arrête. RESET 

Reprenez la marche en B. A chaque pas le sol vous touche. Qu’observez-vous de la modification de la qualité de votre marche quand vous êtes en B ?


Je considère maintenant que je sais marcher en A et B. 

j'alterne A et B
avec un RESET entre chaque changement. Je continue d'observer la qualité de ma marche quand je marche en A et quand je marche en B.

je me tiens en équilibre entre A et B.
Je marche et j’alterne A et B, sans faire
RESET entre les deux. Je passe de l'un à l'autre, j’explore cette relation, je cherche un point d’équilibre entre ce que je touche et ce qui me touche.

 


notes.

Cet entraînement est une succession d'opérations. L'action principale est la marche. C’est une marche simple dont la dynamique est probablement modifiée par A ou par B. Qu’est-ce que je rencontre comme changement d’état en passant de A à B ? Ce qui nous intéresse est ce que l'opération provoque, comment les perceptions changent et se répercutent dans le corps. 

A chaque étape de l'entraînement, dès que cela est possible et même quand ce n'est pas stipulé, il est profitable de travailler avec une attention ouverte, en étant en capacité de s'observer soi-même, d'observer les autres, l'espace et de récolter des informations de cette observation.

RESET peut être utilisé plus fréquemment qu'indiqué, à chaque fois que le besoin s'en fait sentir.

Si vous pratiquez en groupe, il est vivement conseillé de se réunir une fois intégrées les marches A et B, et d’échanger sur les écarts rencontrés par chacun dans les deux expériences.

 

niveau 2 
s'approcher, s'éloigner

On change de type d'opération sur la marche, mais c'est toujours une opération.

Je marche en m’approchant.
Je marche en m’approchant de là où je vais. Je vais vers quelque chose, je m'en approche. Je vois quelque chose (endroit, objet, limites de l’espace) et je m’en approche. Quand je me suis suffisamment rapproché, je choisis une autre chose et à nouveau je m'en approche.
Qu’est-ce que j’observe de mon état et de mes sensations quand je suis dans une marche d’approche ? 

Je marche en m'éloignant.
Je reprends d’abord la marche d’approche. Alors que je me suis rapproché de quelque chose (endroit, objet, limites de l’espace), je pivote sur moi-même pour mettre la chose dont je me rapprochais dans mon dos et je m'en éloigne. Je suis maintenant attentif à ce dont je m’éloigne jusqu'au moment où je me rends compte, dans mon trajet, que je suis en train de m’approcher à nouveau de quelque chose. Lorsque je m’en suis suffisamment rapproché, à nouveau  je la mets dans mon dos et je m'en éloigne.

Je m'intéresse à la bascule.
Je m’intéresse au moment de bascule de mon attention entre ce dont je m’éloigne et ce dont je me rapproche. Entre le moment où la sensation d'éloignement est encore présente dans mon dos, et le moment où cette sensation se floute, se perd, et où je m’aperçois que je m’approche de quelque chose d'autre. La durée de vie de l’éloignement est relative à mon attention. 

RESET

 

 

Je marche tout en m'éloignant de ce dont je m’approche.
Je m’approche de quelque chose et
en même temps que je m’en approche j’essaye de m’en éloigner. J’essaye de comprendre comment la marche est possible à cet endroit, dans ce double mouvement. Je me sers de mon imaginaire, de mes sensations, émotions... Je dois être très précis sur ce dont je me rapproche pour pouvoir procéder à cette double opération : je m'éloigne de ce dont je me rapproche.

RESET

Je marche tout en me rapprochant de ce dont je m’éloigne.
Je choisis une chose que je mets dans mon dos. Je m'en éloigne et alors que je m’en éloigne j'essaye de m'en rapprocher. C'est le double mouvement inverse de l’opération précédente. 


Je marche en m’approchant de ce dont je m’éloigne tout en m’éloignant de ce dont je m’approche.

Pour réaliser ce jonglage complexe de quatre opérations simultanées, la première chose utile est de refaire les étapes précédentes, comme un kata : 
1/ Je m’approche 2/ Je m’éloigne 3/ Je m’éloigne de ce dont je m’approche 4/ Je m’approche de ce dont je m’éloigne.

RESET

Maintenant je suis prêt pour jongler avec quatre directions :  je m’approche de ce dont je m’éloigne tout en m’éloignant de ce dont je m’approche. C'est un double-double mouvement. J’essaye de saisir dans une même attention les quatre opérations simultanément.

Qu’observez-vous ? 

 

notes
Sur n'importe laquelle des opérations, il est possible que l'attention se défile, que les sensations soient floues, qu'un sentiment d'échec apparaisse. RESET est alors un excellent outil. L'essentiel est de pratiquer et d'accepter les conditions du jour.


NIVEAU 3 : Préparation à la vision

On change à nouveau de type d'opération sur la marche.

Je marche en avant et je m'intéresse à ce qui disparaît de mon champ de vision 

Je marche en regardant devant moi et je porte mon attention sur les bords externes de mon regard. Il y a des choses qui disparaissent derrière moi. Je m’intéresse au moment où elles disparaissent, où elles fuient. J'observe ces disparitions, je les expérimente. Je marche en avant et le monde, à chaque pas, disparaît à jamais dans mon dos. Ce monde n'existe plus, il tombe dans un trou noir. N'existe que ce que je vois.

J'observe la sensation de vitesse, la sensation d’accélération. Comme si les choses qui disparaissaient de mon angle de vue glissaient, tombaient sur les bords de ma vision, aux coins des yeux. Comme si j'étais un vaisseau spatial voyageant à la vitesse de la lumière. Dans cette marche, je n'ai pas besoin de m'occuper de tout, je m'intéresse seulement à ce que je vois.

 

Je marche en arrière et je m'intéresse à ce qui entre dans mon champ de vision. Je marche en arrière. Je m’intéresse à ce qui rentre dans mon champ de vision, ce qui apparaît. Le monde qui est derrière moi vient prendre place dans mon œil, je m'intéresse à cette apparition. Si jamais je rencontre quelque chose ou quelqu’un, je le fais avec un dos ouvert, un dos souriant, je n’ai aucune chance de me ou de faire mal.

NIVEAU 4 : Le champs visuel

Je marche et je suis vu par ce que je vois. Je marche en avant et je me dis que tout ce que je vois me regarde. Je suis vu par l’espace qui me fait face. L’espace me regarde. Je marche et je suis regardé par les choses devant moi. Je marche dans ce rayon de visibilité. Le monde, les choses et les êtres en face de moi me regardent. Je marche en étant vu par ce que je vois.

 

Je marche vu par ce que je ne vois pas. Je marche en étant vu par ce que je ne vois pas, tout ce que je ne vois pas, tout ce qui est derrière moi, me regarde. C’est un rayon de visibilité qui me soutient. Je suis entièrement éclairé par ce que je ne vois pas. Ce que je ne vois pas éclaire le chemin devant moi.

 

Je marche et je considère maintenant que ce que je vois me regarde et regarde ce que je ne vois pas et que ce que je ne vois pas me regarde et regarde ce que je vois. Ma marche est prise dans ce rayon de visibilité. Il y a un échange entre ce que je ne vois pas et ce que je vois, qui me regardent et se regardent. Je suis pris dans ces faisceaux. Ce que je vois éclaire ce que je ne vois pas et m’éclaire en même temps.

 

RESET.

 

Je marche en arrière, en regardant comment ce que je vois regarde ce que je ne vois pas et ce que je ne vois pas regarde ce que je vois. Je marche en arrière. C'est une marche sereine parce que ce que je vois regarde ce que je ne vois pas et me renseigne. Ce que je vois me donne des informations sur ce qui est derrière moi, sur ce que je ne vois pas. Je vois derrière moi grâce à ce qui est devant moi. Je connais ce que je ne connais pas par ce que je connais. 

 

RESET.

 

Je marche en essayant de ne pas faire écran. C'est la dernière marche de cet entraînement. Les espaces devant et derrière moi se regardent. Ils s’éclairent l’un l’autre et moi je suis pris au milieu de cette lumière, de cette visibilité. J’essaye de ne pas faire écran à la vision par ma présence. Ce n’est pas moi qui suis éclairé. Je laisse les espaces devant et derrière moi se regarder. J’essaye de ne pas ombrager l’espace. J’essaye de ne pas masquer l’espace. Comment trouver un biais, une circulation, une qualité d’investissement dans la présence et dans les gestes pour ne pas ombrager l’espace ? 

“Peut-être que le seul mouvement permettant de ne pas ombrager l’espace est ce qu’on pourrait  considérer comme une danse. On serait mouvant, on serait mobile, on serait dansant pour empêcher que les choses se fassent écran l’une l’autre. Danser serait alors non pas se servir du monde pour apparaître mais se servir du mouvement pour faire apparaître le monde.”

HJ