Formations.

atelier #10 
copier, imiter, réactiver les performances du passé

dates en cours /  2020 à Bataville

dirigé par Anne Pellois, maîtresse de conférence en études théâtrales

et Tomas Gonzales, acteur, metteur en scène



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Possibilité de prise en charge Afdas

En raison des contraintes sanitaires liées à l'épidémie de Covid-19, le nombre de places est limité à 8 participants

 

… 

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;

Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;

Je sentis tout mon corps et transir et brûler.

 

Sarah Bernhardt, Maria Casarès ou Marie Bell, ont toutes en commun d'avoir interprété de manière illustre le rôle de Phèdre. La "voix d'or" hypnotisante de la première, la présence incandescente de la deuxième ou le charme vénéneux de la dernière sont-ils reproductibles? Peut-on copier les spécificités du jeu d'un·e interprète ? Quels sont les différents moyens pour s'en approcher? Pourquoi les procédés d'imitation et de copie, très présents dans les processus de création contemporains, très utilisés dans les arts plastiques, ont-ils si mauvaise presse dans les processus d'entraînement de l'acteur?

 

Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.

Hé bien ! Connais donc Phèdre et toute sa fureur.

J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,

Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même,

Ni que du fol amour qui trouble ma raison

Ma lâche complaisance ait nourri le poison.

Objet infortuné des vengeances célestes,

Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.

 

Anne Pellois et Tomas Gonzalez proposent, à partir d'un travail sur l'archive, d'éprouver les grandes interprétations de Phèdre du 19ème et 20ème siècles pour explorer comment les processus de copie et d'imitation peuvent constituer des outils pour le jeu qui dépassent les simples compétences mimétiques.

 

… la précision du geste me donnait la possibilité d’avoir une émotion, d’ouvrir un espace-temps qui me permettait d’être en 1912, c’est à dire d’avoir l’expérience d’un relâché du coude, d’un voyage du regard, qui me permettait tout d’un coup de voir autour de moi les nymphes et les faunes, d’une culbute de la nuque, d’un passage de voir à entendre qui tout d’un coup... c’est un plaisir incroyable de sentir comment on rentre dans le corps d’une époque, et qu’un geste si on l’apprend véritablement contient son contexte imaginaire vous voyez, il embarque avec lui, et donc l’émotion est là. Un geste contient aussi son contexte d’apparition ...